Assises de la Méditerranée 29 et 30 mars à Tunis

Je participais aux Assises de la Méditerranée sur le thème « Pour une politique méditerranéenne des barreaux » à Hammamet les 29 et 30 mars.

Programme Assises de la Méditerranée 29 30 mars 2019 Tunis (pdf)

Mon intervention s’est inscrite dans la table ronde « Le Barreau dans l’économie sociale et solidaire : une place à prendre un marché à conquérir » modérée par Yves Oschinsky, Ancien Bâtonnier, Avocat au Barreau de Bruxelles.

et à laquelle participaient également mes confrères :
Patricia Barcena, vice batonnière de l’Ordre des avocats de Bilbao
Jean-Marc Gollier, avocat au Barreau de Bruxelles
Ezzedine Arfaoui et Henda Berrejeb, avocats au Barreau de Tunisie.

J’ai pris la parole autour de la question de la Raison d’être :

  1. Raison d’être et dynamique entrepreneuriale
  2. L’ESS, quelle raison d’être ? Transition, convergence et complémentarité de la RSE – et de l’ESS
  3. La raison d’être de l’avocat : Le double réflexe stratégique RSE
  4. La raison d‘être de la formation : La transformation pour de nouvelles compétences à impact sociétal

Les choses évoluent très rapidement sous les effets combinés de l’urgence climatique et de la pression sociale : nous passons de la réduction de l’impact négatif à une Responsabilité sociétale stratégique, d’une conception libérale (le profit des actionnaires comme seul objet de l’entreprise) à une approche globale intégrant tout l’environnement de l’entreprise (théorie des parties prenantes associées à la stratégie de l’entreprise pour développer des produits et services avec un impact sociétal long terme).

J’ai notamment cité trois patrons du CAC40 engagés sur cette voie :

  • Emmanuel Faber, PDG de Danone, pour qui il faut « mettre fin au mode de décision pyramidal » et qui a proposé de faire évoluer la gouvernance du groupe à l’AG des actionnaires en avril 2018, avec le projet « Une personne, une voix, une action » pour que les 100.000 salariés du groupe puissent participer aux décisions stratégiques (Le Monde, 26 avril 2018)
  • Antoine Frérot, PDG de Veolia, pour qui « l’entreprise doit être utile » et qui soutient la loi PACTE prévoyant l’évolution de l’objet social des entreprises vers la Raison d’être. (Le Monde, 23 mars 2019)
  • Thierry Breton, PDG d’Atos, qui va faire voter sa raison d’être à ses actionnaires le 30 avril 2019 (Les Échos, 24 mars 2019)

Sure ce thème, je vous conseille également la lecture de la Lettre sur la gouvernance d’entreprise de Larry Fink, PDG du groupe BlackRockde gestion d’actifs adressée en janvier 2019 aux Directeurs  : « Raison d’être et bénéfices.

https://twitter.com/AttiasDominique/status/1112025246134095874

https://twitter.com/AttiasDominique/status/1112025936038424576

Les rencontres personnelles tissent les liens pour partager l’expérience de chacun et construire une culture commune d’intervention pour susciter et accompagner toutes les initiatives de responsabilité sociétale qui ne sont pas du ressort des seules grandes entreprises mais de chacun pour sa part.

C’est un changement culturel impérieux pour les femmes et les hommes qui appelle la formation de tous, ensemble. Les Barreaux européens ont une place à prendre dans ce marché à conquérir pour la création de valeur partagée des avocats des deux rives de la Méditerranée.

Les Assises ont également permis l’adoption de 2 motions de la Fédération des Barreaux d’Europe :

  • en faveur des avocat.e.s tunisien.ne.s  qui se battent avec courage exemplaire pour défendre le secret professionnel des avocat.e.s garant.e.s des libertés de leurs concitoyens,ne.s
  • en faveur de Nasrin Sotoudeh notre consœur iranienne emprisonnée.

Tous mes remerciements au Barreau de Tunisie, à la Fédération des Barreaux d’Europe (FBE), à Michel Lucherini et à Dominique Attias, président et vice présidente de la FBE, pour leur engagement déterminé pour le succès de ces assises et les perspectives d’avenir qui s’y sont dessinées.

Bénédicte Bury